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Anaj-IHEDN : des jeunes au service de la Nation

Anaj-IHEDN : des jeunes au service de la Nation Crédit photo / Anaj-IHEDN

François Mattens nous présente l'association Anaj-IHEDN qu'il préside depuis 2013.

Qu’est-ce que l’Anaj-IHEDN ? Quel est son objet ?

L’Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l’IHEDN (Anaj-IHEDN) est la première association française de jeunes sur les problématiques de défense, de sécurité et questions internationales. Créée en 1996, elle regroupe l’ensemble des auditeurs jeunes de moins de 35 ans formés par l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN), service sous la tutelle du Premier ministre.

« Faire rayonner l’esprit de défense » est l’objectif que nous poursuivons. Mais au-delà du slogan, la philosophie est bien plus large et complexe. Trop souvent nous rencontrons des jeunes ou moins jeunes, études supérieures ou non, ayant une vision simpliste ou très partielle de ce qu’est le monde la défense. L’idée est de leur montrer que ce ne sont pas uniquement des militaires en treillis dans les gares ou des opérations extérieures, mais des enjeux bien plus larges et variés, qui concernent tout le monde, chacun à son niveau. Ainsi nous organisons des événements aussi bien sur les problématiques « kaki » (rencontres avec des militaires, retours sur des opérations extérieures, visite de régiments) que sur des thématiques beaucoup plus variées comme l’intelligence économique, l’environnement, la cyber-sécurité ou encore le patrimoine culturel.

Pour moi, voir une jeune discuter avec un « moins jeune » militaire, haut fonctionnaire, cadre, élu, c’est déjà un objet de satisfaction. Chez nous, l’enrichissement est mutuel et pas à sens unique.

Qui peut adhérer à l’Anaj-IHEDN ? Faut-il obligatoirement être « jeune » ? Combien d’adhérents compte l’association ?

Avec plus de 1 700 membres, l’association tire sa force de la diversité des profils qui la composent. Étudiants, militaires, chercheurs, universitaires, cadres en entreprises, fonctionnaires, élus, responsables associatifs, ou simples citoyens curieux, tout le monde peut adhérer à l’Anaj-IHEDN.

Nos membres sont très majoritairement des jeunes issus des formations de l’IHEDN. Mais il est également possible d’accueillir toute personne intéressée par nos activités grâce au statut de membre associé. L’expérience est tout à fait probante, l’Anaj s’est enrichie de nouveaux profils.

Y a-t-il beaucoup de réservistes dans l’association ?

Nous n’avons pas de chiffres précis sur le nombre de réservistes, mais il est certain que l’Anaj est un vivier. Nos événements sont des lieux d’échanges et de rencontres entre réservistes et jeunes qui ne sont pas forcément au fait des possibilités qu’offrent les réserves (Air, Terre, Marine ou Gendarmerie) ou des procédures à suivre.

De nombreux membres sont venus nous solliciter pour des informations à ce sujet. Partenaire de la Réserve citoyenne depuis 6 ans, l’Anaj a des relations privilégiées avec le ministère de la Défense, relations que nous mettons au profit de nos membres pour les orienter au mieux et faciliter leur engagement au sein de nos armées.

Je tiens à souligner que ces réservistes sont de véritables « ambassadeurs » grâce à leurs témoignages et leurs expériences qu’ils ont toujours plaisir à partager.

Comment fonctionne l’association ?

Composée d’un Comité directeur et d’un Bureau, le Président et son équipe remettent leurs postes en jeu tous les ans. Nous ne voulons pas, comme c’est le cas parfois dans certaines associations, avoir un président ad vitam aeternam.

Au-delà, ce qui fait la force et le particularisme de notre association réside dans le fait que son dynamisme et son impulsion viennent directement de ses membres. Avec 13 comités d’études thématiques ou géographiques (Moyen-Orient, Afrique, Cyber-défense, Défense économique, etc.) ce sont les véritables catalyseurs de l’Anaj : ils écoutent et interrogent les membres, proposent des projets, écrivent des publications. Dans ce cadre, le Comité directeur est dans un rôle d’assistance et de soutien, le Président devient le chef d’orchestre.

Association nationale, l’Anaj est également répartie en délégations régionales à travers la France où un jeune représente nos intérêts localement. Sa mission est d’être notre représentant auprès des autres associations, autorités, etc. et d’animer le réseaux des jeunes sur place par des événements.

Chaque membre peut également proposer un projet. Ensuite, le Comité directeur juge de sa pertinence et de sa faisabilité. Si le feu vert est donné, tout peut aller très vite et, s’il le souhaite, le « simple membre » peut se retrouver sur la tribune pour animer une conférence devant 200 personnes ! C’est ce qui m’est arrivé il y a cinq ans et, depuis, je n’ai plus décroché…

Quelles sont les actions menées par l’association pour promouvoir l’esprit de défense au sein de la société ? Quels sont les publics visés ?

Nos conférences constituent le principal volet de nos activités. Rien que sur l’année 2012, nous avons organisé dans toute la France une cinquantaine de conférences réunissant près de 8 000 personnes, soit une moyenne de 160 personnes chaque semaine !

Par ailleurs, nous pilotons des visites réservées à nos membres, pour aller à la rencontre des acteurs institutionnels (GIGN, RAID, BRI, IRCGN, CEA, ONU, Bases militaires), industriels (Safran, Dassault, Airbus, etc.). Nous organisons également des visites un peu plus exclusives comme ce fut le cas récemment dans un Musée du Louvre ouvert uniquement pour l’Anaj.

Nous souhaitons également participer à la réflexion stratégique grâce à des publications d’un très bon niveau (nos membres sont mis à contribution). On peut citer les « Dossiers du comité Asie » ou encore « Jambo », la revue du comité Afrique. Mais encore une fois, n’importe quel membre peut proposer un article s’il estime que le sujet peut participer à notre objectif.

Cherchez-vous à nouer des partenariats ? Si oui, de quelle nature ?

Toujours dans la logique de diffuser l’esprit de défense, de décloisonner ces questions et de susciter le débat, nous souhaitons pouvoir toucher un public encore plus large et varié. Dans ce sens, nous sommes ouverts à des collaborations variés pour de nouveaux projets avec des grandes entreprises, des universités ou écoles, des associations ou administrations, etc., du moment que le projet et la finalité sont intéressants et utiles.

Comment est perçue l’association par l’institution militaire ?

J’ai le sentiment que l’accueil est positif. Pour preuve, nous recevons très souvent des mots de soutien et de remerciement aussi bien de participants que des militaires et fonctionnaires du ministère de la Défense. Nous apportons notre part modeste au débat stratégique, sans prétention et avec des projets concrets. Cette philosophie nous convient très bien et elle plaît, puisque le succès de nos événements est croissant d’année en année.

Quel est votre rôle en tant que président ?

La fonction de président de l’Anaj-IHEDN nécessite d’être disponible, organisé et adaptable.

La majorité de mon temps est celui de « chef d’orchestre » des équipes et des projets. Dans ce sens, je dois être au courant de tout ce qu’il se passe, aussi bien dans les comités, en région ou au niveau de la trésorerie. Je travaille en étroite relation avec les membres du Comité directeur sans qui le président serait sourd et aveugle. Je propose, j’écoute mes équipes, je fais des choix et je pilote les projets avec les personnes compétentes.

Une partie importante de mon temps est également consacrée à mon rôle de représentation. Je suis amené à participer à des colloques en France et à l’étranger ou suis convié à des réceptions officielles. Ces événements sont l’occasion d’expliquer les missions et la philosophie de l’Anaj-IHEDN et pourquoi pas, de faire naître de nouveaux projets. Je suis parfois amené à m’exprimer sur des sujets plus larges comme la place des jeunes dans la défense ou le dialogue intergénérationnel.

En arrivant en 2009 au sein de l’Anaj-IHEDN, membre du Comité directeur, puis Secrétaire général pendant deux ans et Président cette année, je ne pensais pas que cette expérience serait aussi enrichissante et formatrice, de par la diversité des projets portés et des gens rencontrés.

Précision importante : nous sommes tous des bénévoles avec une activité professionnelle à côté de l’Anaj. Nous prenons le temps de faire cela par passion, nous rendre utiles et, modestement, faire évoluer les mentalités.

Quels projets aimeriez-vous mener sous votre présidence ?

Quand je suis arrivé, l’un des plus grands chantiers était celui de la gestion globale de l’association. Grâce au travail acharné de ma prédécesseur, Alexia Goloubtzoff, auprès de qui j’ai eu le plaisir d’être le Secrétaire Général pendant deux ans, nous avons pu professionnaliser et automatiser certains processus. C’est un travail « de soute », pas forcément visible pour les extérieurs mais indispensable pour l’avenir de l’Anaj.

Dans une logique de développement et d’ouverture sur le monde, l’Anaj-IHEDN est également présente à l’international. Après Pékin et Bruxelles, j’ai eu le plaisir d’inaugurer fin 2012 notre délégation à Washington D.C. Grâce à une équipe dynamique et professionnelle, avec le soutien de l’ambassade de France sur place, nous organisons des événements aux États-Unis permettant de promouvoir une vision française des enjeux stratégiques et de débattre avec nos homologues outre-atlantique.

Un gros chantier est celui de notre présence en région. Grâce à des délégués régionaux sur tout le territoire et en outre-mer, ainsi que des partenariats avec  les association régionales de l’IHEDN, nous avons l’ambition de « délocaliser » de nombreux événements dans toute la France (Lille, Bordeaux, Lyon, Brest, Marseille, Charleville-Mézières, Toulouse, etc.). Notre réseau de membres est clairement national, il faut désormais l’entretenir de manière durable.

Depuis le début de l’année 2013, nous avons systématisé la mise en ligne de notre conférence sur notre chaîne Youtube ainsi que des interviews exclusives. L’idée est de permettre aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer de profiter également de nos événements.

Enfin, il faut le rappeler mais le principal projet est celui de la pérennité de l’Anaj dans le paysage institutionnel et associatif. Réussir à remplir un amphithéâtre de 200 places est une chose, mais pouvoir le réaliser chaque semaine en est une autre. Pour cela, il faut être responsable, innovant et continuellement se remettre en question.

Quel est votre sentiment sur l’état actuel de l’armée française ?

Le contexte économique actuel est difficile pour tout le monde, chacun doit faire des sacrifices et nos armées ne sont pas épargnées. Ces dernières devront désormais faire autant, si ce n’est plus, avec moins de moyens.

Les Français sont fiers de leur armée comme le prouve un récent sondage. Dans un pays où le scepticisme est une habitude, il est rassurant de voir que nos citoyens sont derrières leurs soldats.

Il ne faut pas oublier que sur le plan militaire, nous sommes parmi les cinq plus grandes puissances grâce à une armée professionnelle, un tissu militaro-industriel de pointe et une vision stratégique respectée.

Il faut donc être fier de notre armée sans pour autant se refuser de critiquer ou de débattre de manière constructive à son sujet. Nous sommes partisans de l’intelligence collective, de la pluridisciplinarité pour tirer le meilleur de chacun et faire évoluer les choses. Comme le disait l’écrivain Romain Rolland, nous nous devons d’ « allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ».

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Jean-Philippe Elie

est journaliste et auteur.

Secrétaire national (Front démocrate) à la défense et à la sécurité

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