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Attentats de Paris : il est urgent de donner des moyens à la police et à l’armée

Le 30 septembre dernier, l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic nous avait mis en garde : « L’idée que nous soyons un jour confrontés à une ou plusieurs campagnes d’attentats majeurs ne peut être écartée. » La sombre prophétie de l’ex-magistrat s’est malheureusement réalisée la nuit dernière, sept attaques terroristes ayant ensanglanté Paris et Saint-Denis.

 

Suite à cet attentat d’une ampleur sans précédent dans notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale, le président de la République a décrété trois jours de deuil national et instauré l’état d’urgence sur tout le territoire métropolitain. Ces trois jours de deuil sont importants pour les familles des victimes (dont certaines sont toujours sans nouvelles de leurs proches) et pour les Français qui doivent se préparer à vivre des heures sombres de notre histoire (« Nous sommes désormais dans l’œil du cyclone. Le pire est devant nous », selon Marc Trévidic).

L’instauration de l’état d’urgence et la convocation du Congrès à Versailles lundi 15 novembre montrent par ailleurs que le gouvernement a pris la mesure du problème auquel il est actuellement confronté et que tout sera entrepris pour sécuriser le sanctuaire national. Toutefois, cette action politique ne doit pas occulter certains faits :

  • Entre 2008 et 2012, 13 000 postes ont été supprimés dans la police et la Gendarmerie ;
  • Depuis trente ans, le budget de la défense a fortement baissé (il représente actuellement entre 1,5 et 1,6 % du PIB), ce que rappelle le général de division Vincent Desportes dans un livre, La dernière bataille de France (éd. Gallimard), paru le 29 octobre ;
  • En mars dernier, le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a affirmé que dans deux ans nous serions incapables de maintenir l’opération Sentinelle (dans le cadre de Vigipirate), sans toucher à certaines opérations extérieures en raison de la déflation des effectifs des armées.

De son côté, Marc Trévidic lance un véritable cri d’alarme : « Les politiques prennent des postures martiales, mais ils n’ont pas de vision à long terme. Nous, les juges, les policiers de la DGSI, les hommes de terrain, nous sommes complètement débordés. Nous risquons d’aller dans le mur. » Ce risque est d’autant plus grand que les politiques n’ont pas pris conscience que la réserve militaire, censée appuyer l’armée professionnelle, va mal : effectifs en baisse, réservistes démoralisés, officiers du renseignement rayés des cadres pour des raisons budgétaires et administratives… Il est temps pour le gouvernement de montrer que la sécurité du pays est l’affaire de tous les citoyens. Les « petites » économies budgétaires risquent bientôt de peser sérieusement sur une économie convalescente qui ne ferait que rechuter en cas de nouveaux attentats de masse.

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Jean-Philippe Elie

est journaliste et auteur.

Secrétaire national (Front démocrate) à la défense et à la sécurité

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