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Réserve : effectifs en baisse, volonté politique en hausse

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, à l'assemblée plénière du CSRM Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, à l'assemblée plénière du CSRM Crédit photo / Denys Chappey / UNOR

En ouverture de l’assemblée plénière du Conseil supérieur de la réserve militaire (CSRM), qui s’est tenue le 24 septembre dernier dans l’enceinte de l’École militaire à Paris, son secrétaire général – le contre-amiral Antoine de Roquefeuil – a dévoilé les dernières statistiques concernant la réserve militaire.

Depuis plusieurs années, le nombre de réservistes opérationnels sous ESR diminue lentement mais régulièrement : les effectifs sont ainsi passés de 60125 personnels en 2008 à 56328 en 2012. L’objectif de 80000 réservistes à l’horizon 2015, fixé par la loi de programmation militaire de 2009, semble donc quasiment impossible à atteindre. Il convient toutefois de noter que la Gendarmerie nationale n’est pas touchée par cette déflation. Bien au contraire, ses effectifs sont en augmentation constante depuis 2010, si bien que – pour la première fois dans notre pays – les gendarmes représentent désormais plus de la moitié des réservistes opérationnels (51%).

La baisse des effectifs dans les trois armées est due à plusieurs raisons. Premièrement, la part des anciens appelés du contingent connaît une diminution irréversible de l’ordre de 3 à 4% par an. De fait, dans une dizaine d’années, il n’y aura plus aucun réserviste issu de la conscription. Deuxièmement, la réduction régulière des budgets de la réserve depuis trois ans n’encourage pas les jeunes à s’engager. À quoi bon signer un ESR si l’on n‘est  n’est pas certain de pouvoir effectuer un nombre minimal de journées d’activité par an ? Troisièmement, 20% des réservistes sont étudiants. Or, cette population a tendance à s’éloigner de la réserve lors de son entrée dans la vie active (un premier emploi n’étant pas forcément compatible avec les contraintes de la réserve, notamment en matière de disponibilité).

Enfin, et c’est peut-être là le véritable enjeu des années à venir, un réserviste sur cinq n’effectue aucun jour d’activité et ils sont environ 7000 à être présents moins de cinq jours par an. Ces chiffres inquiétants révèlent la démotivation d’une part non négligeable de réservistes (démotivation due, par exemple, à certaines pesanteurs administratives). L’institution militaire va donc devoir rapidement trouver des solutions pour les remotiver et les fidéliser, l’objectif affiché étant de ne pas descendre en-dessous de vingt jours annuels d’activité.

Les réserves au coeur de la défense de la Nation

Cela est d’autant plus urgent que le ministre de la Défense, qui présidait cette assemblée plénière du CSRM, a affirmé que « c’est avec la réserve que les armées et la Gendarmerie nationale remplissent les missions qui leur incombent ». Sachant qu’à l’heure actuelle la réserve opérationnelle (hors Gendarmerie) est composée à 53% d’anciens militaires, il est impératif de recruter dans la société civile de nouveaux réservistes ne connaissant pas la Défense.

Jean-Yves Le Drian a par ailleurs rappelé que le président de la République a validé les grands principes sur lesquels repose la réserve militaire. Notamment qu’il « n’existe qu’une seule armée face à un ensemble de missions » et que la réserve opérationnelle fait partie intégrante du modèle d’armée tel qu’il a été redéfini. Cela signifie entre autres que les réservistes ont vocation à être employés en opérations extérieures (sur des missions ne nécessitant toutefois pas une formation et un entraînement à temps complet). En 2012, 320 réservistes sont partis en Opex, une présence quelque peu anecdotique… Dans les faits, les missions de la réserve opérationnelle vont plutôt se développer sur le territoire national, le ministre de la Défense prenant en exemple la création du bataillon de réserve d’Île-de-France. Il a d’ailleurs évoqué la possibilité pour ce dernier de participer au prochain défilé du 14 juillet, ce qui contribuerait à la notoriété de la réserve.

Le ministre a également précisé que la réserve de sécurité nationale (créée par la loi n° 2011-892 du 28 juillet 2011) a vu son importance soulignée pour la gestion de crises majeures. Celle-ci gagnera en efficacité grâce, notamment, à une optimisation de la réserve de disponibilité (composée des militaires ayant quitté le service actif). Enfin, le développement de la réserve citoyenne sera encouragé selon deux axes : contribution à l’esprit de défense et renforcement des forces armées par l’apport de compétences spécifiques voire rares. En 2012, il y avait plus de trois mille réservistes citoyens dont un tiers rattaché à la Gendarmerie nationale.

Pour mener à bien cette politique volontariste, Jean-Yves Le Drian s’est engagé à « sanctuariser » le budget de la réserve à hauteur d’un peu plus de 71 millions d’euros pour les prochaines années, en rappelant que la réserve militaire ne devait pas être une variable d’ajustement sur le plan financier. Il a également indiqué qu’il était nécessaire d’aller au bout des travaux réglementaires et législatifs (publication des décrets d’application) indispensables au bon fonctionnement de la réserve militaire. Il sera très vigilant sur ce point.

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Jean-Philippe Elie

est journaliste et auteur.

Secrétaire national (Front démocrate) à la défense et à la sécurité

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